• Vercors Vol Libre
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Inventer un avion n'est rien.
Le construire
est un début.

Voler c'est tout.
Otto Lilienthal

Après ma première saison en rigide, je viens témoigner de mes impressions afin d’éclairer (encore une fois) les pilotes qui s’interrogent sur le choix de continuer en souple ou de passer au rigide.
Je me suis décidé à la fin de la saison 2012, effectuée sous mon Litespeed 4.5,  qui faisait suite à la saison 2011 effectuée sous un Z 8 14.1 (je suis à 103 kg pilote équipé soit 142 kg PTV avec l’Atos.)
J’ai, lors de ces deux saisons, réalisé plusieurs vols de distance, souvent en circuits. C’est la fatigue, qui après ces vols dont certains dépassaient trois heures, a motivé ma décision. J’ai donc ramené d’Italie un Atos V dans sa housse unique.



J’ai dû, en premier lieu, commander chez Ellipse deux magnifiques housses pour chaque moitié car cette aile est intransportable pour moi si elle n’est pas séparée en deux. 
Deux roues de chez Seewing/Bautek, adaptables à la speed-barre alu, vinrent compléter  l’engin.
Le bilan de cette première saison sous rigide se résume ainsi : 19 h en 10 vols: le plus court 1h30, le plus long 71 km FAI en 2h55  (voir mes 3 meilleurs vols sur http://delta.ffvl.fr/pilote/8381/2013). Il est à noter que n’ai pas fait de hors terrain lors des vols en cross grâce à la performance de cette aile.
Il est vrai qu’au début, l'intendance de la manipulation au sol m'a fait passer par des hauts et des bas. Le montage et surtout le pliage sont sensiblement plus longs et plus délicats que pour les souples.  
Mais au fil des vols j'ai découvert tous les avantages en vol de ce type de machine et c’est avec le souvenir de mes impressions ressenties à l’occasion de plusieurs instants particuliers vécus lors de ces vols, que j’ai pu faire la comparaison entre les rigides et les ailes souples.
Je vous livre ces impressions complétées par les données reprises sur les enregistrements de mon IQ Basic Gps :


Le premier vol :
Je n’ai pas décollé lors de ma première présentation au col des Limouches.
La courte pente, très peu alimentée, rendait le décollage aventureux pour une première, et surtout ça ne tenait pas, ce qui était en contradiction avec mon plan de vol pour ce premier essai.
La fois suivante, décollage facile (l’aile se stabilise seule) dans la brise et montée immédiate pour une série d’essais : essais des volets avec leurs cinq positions possibles (lisse, 5, 10 ou 15, plein et à fond c-à-d 70°), puis essai de la basse vitesse plein volet train sorti et mains aux montants : c’est la configuration d’atterrissage. Un petit décrochage très doux, mains sur la barre de contrôle, à 28km/h, me conforte dans l’impression de sécurité ressentie depuis l’envol. Peu après le départ en cross sur la chaîne, le fond du cirque me gratifie d’un + 6 bien turbulent que je me coltine avec tout d’un coup la pensée qu’il n’y a pas de câbles latéraux pour tenir les ailes !!! 
Je poursuis le vol avec un aller-retour Musan-Limouches en 45 minutes. Les paramètres de vol enregistrés donnent  40 à 50 en ascendance et recherche de pompe, 60 à 65 en transition normale et 70 à 80 en transition accélérée. La stabilité de cap est remarquable ainsi que la faiblesse des efforts nécessaires au pilotage sur les deux axes, ce qui me conforte dans l’idée que je ne me fatiguerai plus au-delà de deux heures comme avec les souples.

Clic sur les images pour agrandir.

Première conclusion : c’est serein, ça va vite, et c’est pas fatiguant !!
Je fais un posé « trois points » à l’attero : mon ventre et les deux roues ! J’ai arrondi trop haut et la vitesse, barre au neutre, était insuffisante pour stopper la descente. 
Je poserai désormais avec un arrondi très doux, les pieds près du sol, et en soulageant l’aile en courant.


Deuxième conclusion : ça ne pose pas comme en souple, mais les approches sont facilitées par les volets.
Au cours ce certains des vols suivants j’ai pu observer d’autres caractéristiques propres à ce type d’aile. 
Il ne faut pas, comme on le fait parfois avec les souples, augmenter fortement sa vitesse lors des approches, surtout lorsqu’il y a de la turbulence.  On risque, comme cela m’est arrivé lors d’un atterrissage à Saint-Jean, de contrer trop brutalement, ce qui ne manque pas de produire un surpilotage.
Il ne faut pas non plus, comme cela m’est arrivé lors d’un des premiers vols à Aspres, être jaloux des souples que l’on voit «visser»  dans les thermiques. J’ai pu, par la suite, faire pratiquement comme eux, en inclinant fortement avec de la vitesse ! La grande envergure associée à une flèche beaucoup moins importante qu’en souple rendent la vision du bout d’aile, planté dans la planète, très impressionnante sous ses fortes inclinaisons.
Lors d’un autre vol à Aspres, le thermique à gauche du décollage était bizarrement puissant (+ 4.5) et surtout très turbulent. J’ai pu dans ces conditions «musclées» apprécier le confort de pilotage et le comportement très sain de l’aile. J’ai pu, sans beaucoup d’efforts de pilotage conserver une trajectoire plus régulière que les ailes souples qui tournoyaient avec moi dans l’ascendance.
Le dernier vol (Aspres, Col de Cabre, Laragne, Aujour, Retour) a été possible grâce à la finesse (17 autour de 62 km/h) mais surtout grâce à la capacité de cette aile à ne pas perdre d’altitude dans les très petites conditions, rencontrées par deux fois, au cours de ce vol. Le pilotage, exécuté du bout des doigts par de très petits mouvements de la barre de contrôle est devenu un vrai plaisir !

Hervé Casali a démarré la saison avec son Exxtacy 135 pratiquement en même temps que moi. Nous avons, par trois ou quatre fois, volé ensemble à Aspres notamment sur un cross Aspres > Laragne où nous nous sommes posés, vite fait, avant l’orage !!
Nous avons eu tout loisir d’échanger nos impressions de débutant en rigide et nous sommes d’accord pour dire que :

Les rigides sont taillés  pour le cross car :
Ils sont plus performants que les ailes souples (sauf peut-être le dernier Combat 13.5 GT d’Aéros avec son centrage variable en vol) C’est une lapalissade pour ce qui est de la finesse en transition, mais cela à été une vraie découverte pour la qualité de vol en petites conditions.
- Les faibles efforts nécessaires pour les piloter et leur stabilité de route dans les transitions libèrent l’esprit qui est alors plus disponible pour analyser les options qui se présentent pour la poursuite des vols, et surtout, on ne se fatigue plus (ailes de vieux !) 
- La fausse inertie que l'on pourrait ressentir est largement compensée par la certitude de pouvoir changer de direction en moins de 2 secondes ! Et ce quelles que soient les conditions. Cela se traduit par un plus grand confort en conditions fortes et permet de  gratter, plus sereinement, près du relief.
- Enfin et pour finir, les rigides s’accommodent mal des évolutions serrées à grande vitesse. Ils faut oublier les wing-over, les prises de vitesse et les ressources radicales qui vont avec !!
Je vole depuis 1986 et  je  n'ai jamais eu d'aile aussi agréable en vol. Je la vends pour acheter un VQ qui, paraît-il, est encore plus magique !

 



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